LE MONT CHAMPO : Approche épidémiologique des très basses fréquences et infrasons éoliens

LE MONT CHAMPOT

 

L’éthique des politiques publiques

Mis à jour le 28/02/2015

Approche épidémiologique des très basses fréquences et infrasons éoliens

J.P.Riou.

Résumé
La nocivité des infrasons
Aspect clinique
Caractéristiques des infrasons éoliens
Un précurseur ?
Épidémiologie
Conclusion de C.V.Phillips

La signature infrasonique des effets sanitaires
Conclusion

Annexe: regard sur les propos rassurants…

Résumé

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la santé comme « un état de complet bien être physique, mental et social » et pas seulement comme « une absence de maladie ou d’infirmité » (OMS 1986). Le respect de cette santé est une priorité.

La détresse des riverains d’éoliennes est pourtant relayée par la presse et rappelée dans le rapport parlementaire de mars 2010.
Ce rapport déplore les insuffisances méthodologiques du rapport de l’AFSSET sur le sujet, dont les conclusions ne retenaient pas les préconisations* de l’Académie de Médecine de Mars 2006.
(*1500m minimum d’éloignement des maisons)
Des publications innombrables rapportent les effets néfastes des éoliennes sur la santé. Pas moins de 380 d’entre elles sont répertoriées sur le site de National Wind Watch.

Des épidémiologistes tels que Carl V Phillips, dont l’autorité semble incontestée, concluent à l’évidence des effets néfastes des éoliennes et à la mauvaise foi de ceux qui les nient. Il évoque dans sont rapport une quantité de publications représentant une somme à 5 chiffres.

 

Le « Journal des Médecins de Famille Canadiens » a récemment publié un article permettant de préparer ceux-ci à reconnaître le nombre croissant de patients qu’ils seront amenés à rencontrer, afin de prévenir leurs difficultés à reconnaître l’origine de symptômes dont les patients eux-mêmes ne sont généralement pas conscients.

 

Les distances, de plusieurs kilomètres, mentionnées dans la littérature médicale, ont amené la Royal Society of Medicine à publier les critères de diagnostic des effets néfastes des éoliennes pour la santé en attirant l’attention sur un rayon de 10km.

 

Les symptômes décrits, (nausées, migraines, vertiges acouphènes…), ainsi que l’importance des distances, évoquent incontestablement la mise en cause des basses fréquences et infrasons. Notamment, les fréquences inférieures à 1Hz, responsables du mal des transports ou Motion Sickness Incidence, (MSI), dont le pic de sensibilité est à 0.167Hz (Griffin 1990).

Le spectre éolien présenté à la conférence organisée par le CEA à Tahiti en 2005 est éloquent à ce sujet, avec un pic de plus de 80dBA pour cette fréquence.

 

Les effets sanitaires néfastes des infrasons et basses fréquences (ILFN) sont parfaitement décrits par une littérature scientifique abondante et incontestée, notamment pour les pilotes et le personnel navigant, ou le milieu industriel, dans lequel les grosses machines en rotation en sont la principale source.

 

L’équipe de N. Castelo Branco-M. Alves Pereira, du centre de performances humaines portugais (CPH) qui coordonne depuis 1992 quantité de services portugais et travaille sur les recherches des maladies dues aux vibrations acoustiques (VAD, Vibro Acoustic Disease) a présenté un cas de cette maladie liée à la présence d’éoliennes, au Congrès International sur les basses fréquences et infrasons d’Aalborg 2010.

Cette étude a entrainé la décision de la Cour Suprême du Portugal, 30 mai 2013 DecisionNo. 209/08.0TBTVD.L1.S1.ordonnant le démantèlement des éoliennes.

L’étude avait déjà été présentée en 2007 au congrès international d’Istanbul et les conclusions, publiées dans un communiqué de presse, concluaient : « Ces résultats irréfutables démontrent que les éoliennes à proximité des milieux habités produisent un environnement acoustique favorable au développement de VAD pour les riverains. »

Les infrasons enregistrés lors de cette étude étaient supérieurs à ceux enregistrés lors d’un autre cas avéré de VAD lié à la présence d’un multi silo à grains.

 

Dans un rapport rendu en 1985 à l’US department of Energy,  « Acoustic Noise Associated with the MOD-1 Wind Turbine: Its Source, Impact, and Control », Kelley préconisait les seuils que ne doivent pas dépasser les éoliennes plus de 20% du temps, selon les fréquences, notamment 50dB à 16Hz, p 225 de son rapport.

Dans la chambre à coucher de l’étude Castelo Branco, ci dessus, le seuil de 50dB pour 16Hz lié aux éoliennes était largement dépassé. (fig 3).

Cette abondante littérature médicale semble ignorée.

Un récent rapport rassurant sur les effets sanitaires des éoliennes par l’AMA (Australian Medical Association), a entraîné une vague de protestation de la communauté scientifique internationale.

 

Les liens entre certains acousticiens et la filière professionnelle ainsi que les méthodes employées ont été vigoureusement dénoncés devant le Sénat australien le 17 mars 2014 par le Sénateur Madigan qui cite nommément les membres de ce « groupe de pression de santé pro éolien  dont les membres du corps médical  ignorent  leur éthique professionnelle et les sciences reconnues ».

78 scientifiques du monde entier ont lancé une demande d’études indépendantes.

 

Le présent article a pour objet de présenter les principaux paramètres techniques, cliniques et épidémiologiques, ainsi qu’un regard sur les insuffisances des études qui cherchent à nier qu’il puisse y avoir un problème.

La nocivité des infrasons. (0/20Hz)

Pour l’INRS, (Institut national de recherche et de sécurité), les infrasons sont principalement
produits de façon artificielle par les machines lourdes en rotation.
Les fréquences émises étant d’autant plus basses et leur puissance d’autant plus forte que l’appareil qui les produit est plus grand, la réalité des infrasons éoliens ne saurait être ignorée.
La page 731 du rapport sur les armes non létales établi par deux « collaborateurs scientifiques à l’état-major de planification de l’armée en Suisse » et figurant sur le très officiel site du Ministère des affaires étrangères, mentionne l’utilisation des infrasons parmi celles-ci, afin de provoquer de violentes nausées dans le cadre du contrôle des foules.

Sous le seuil de l’audition, les effets sanitaires des infrasons ont été expérimentés, à titre personnel par l’équipe du Dr Gavreau qui finit par découvrir, après de longues investigations, que les différents symptômes, (lipothymie migraines et nausées) étaient dus aux fréquences inaudibles de 7Hz (génératrices d’ondes cérébrales alfa) produites par un ventilateur à cadence lente situé dans le conduit d’aération d’une usine voisine.

Pour des valeurs bien inférieures encore, des expériences ont établi que des pressions minimes n’étaient pas sans effet sur des sensations étranges comme le sentiment d’inquiétude ou d’angoisse, (origine des lieux hantés) qu’il importe de considérer comme déterminant pour ses conséquences sur la santé.
Une équipe de chercheurs adjoignit, à cet effet, un tuyau d’orgue supplémentaire de 7 mètres de long émettant des fréquences de 17Hz, à l’orgue de la salle Purcell de Londres.
Le test sur 750 personnes avec et sans ce tuyau supplémentaire, montra l’augmentation d’une sensation étrange chez 22% des auditeurs alors que la pression n’était que de 6 à 8dB et, bien sur, inaudible.
Le rapport AFSSET de mars 2008 sur les éoliennes se contente, contre toute vraisemblance, de l’affirmation, p13 « A l’heure actuelle, il n’a été montré aucun impact sanitaire des infrasons sur l’homme, même à des niveaux d’exposition élevés ».

La filière professionnelle (Pacific Hydro) a même commandé une étude sur ces infrasons éoliens au cabinet spécialisé « Acoustic Group », sous la direction de Steven Cooper.

Son rapport, qui figure en toute transparence sur le site de Pacific Hydro, ne laisse aucune place au doute.

Bien qu’aucun infrason n’ait été enregistré à une puissance audible, ce rapport identifie clairement la « signature » des infrasons des éoliennes correspondant au passage des pales devant le mat.

Il établit sans ambiguïté le lien entre les infrasons des éoliennes et les « sensations » des riverains.

Ces « sensations » comprennent des migraines, pression dans la tête, les oreilles et la poitrine, bourdonnement d’oreilles, tachycardie, sensation de lourdeur. (p212)

Ces sensations ne sont pas corrélées au dérangement par le bruit.

Certaines personnes s’étant révélées plus sensibles que d’autres à ces « sensations », dont, principalement, un malentendant.

Aspect clinique

Plusieurs signes cliniques et effets sanitaires de l’exposition aux infrasons ont été mis en évidence par quantité de chercheurs:
Mariana Alves Pereira, (diplômée de physique, de génie biomédical, PhD en sciences expérimentales, a travaillé plus de 30 ans sur la maladie vibro acoustique, (VAD, Vibro Acoustic Disease,) liée aux basses fréquences infrasons et vibrations et dirige une équipe de recherche).
Elle a publié l’aspect clinique du VAD qui consiste principalement en une augmentation anormale de collagène et de fibre d’élastine en l’absence de tout phénomène inflammatoire (Castelo Branco, 1999, HOLT 2001, Castelo Branco et Alves Pereira, 2004, Castelo Branco, 2007)
Un épaississement des parois des vaisseaux sanguins et du cœur, ainsi qu’une augmentation du temps de réponse cérébrale au stimulus, la normale (à 12 ans) étant 300millisecondes. (Alves Pereira 2007)
Les troubles cognitifs et mnésiques associés sont courants et bien étudiés chez les patients présentant les symptômes du V.A.D (Castello Branco 1999, Castello Branco et Alves-Pereira, 2004).

Alec N.Salt, (PhD au department of Otolaryngologie de l’Université de Washington) a établi, entre autres, la survenue d’hydrops endolymphatique chez l’animal, liée à une brève exposition aux infrasons. ( How does windturbines affect people ) p 24 du journal de l’Acoustic Society of America). Il en décrit le lien avec les acouphènes (tinnitus), chez l’homme. (L’hydrops endolymphatique est également responsable de la maladie de Ménière.)
Précisant sur cette même page, “l’exposition aux basses fréquences d’intensité modérée à moyennement intense pendant 1.5 à 3mn suffit à entrainer l’hydrops endolymphatique (fig 3)
(Salt 2004, Drexl et al 2013)
Il récuse vigoureusement les propos de G.Leventhall qui nie les effets cliniques des infrasons
à ces niveaux inférieurs à l’audition et stigmatise l’absence de la moindre étude pouvant étayer ses affirmations.

Caractéristiques des très basses fréquences et infrasons éoliens

Les éoliennes modernes tournent de moins en moins vite, prétendant ainsi réduire l’impact sonore et les infrasons. Ce ralentissement de leur rotation est lié à l’augmentation de la taille du rotor, qui maintient, en fait la même vitesse en bout de pale, de l’ordre de 220 à 280km/h (Vestas V 90 3000). Ces vitesses extrêmes pour des structures de 50m de long en matière composite déformable entraînent des vibrations, dont la résonance produit des infrasons.
Ce phénomène est bien connu sur les ailes d’avions et les ponts suspendus (« flutter ») leur puissance est soupçonnée d’être responsable du crash du pont de Tacoma.
L’augmentation de la taille des éoliennes augmente la composante basse fréquence de leurs sons.
Leur vitesse détermine une fréquence centrée sur une valeur inférieure à 3Hz.
Ces infrasons se propagent à des distances considérables sans même être arrêtés par les cloisons, l’intérieur des habitations leur fournit même une caisse de résonance qui peut en accroitre l’intensité.

 
Bruce Mac Pherson ( Institute of Noise Control Engineering of the USA (INCE/USA) ILFN
study report).
Pour les très basses fréquences, (ILFN) le graphique ci dessus présente, entre autres, un pic à 22.9 Hz analysé, dans la figure ci-dessous, (grâce à un filtre 20/24Hz à 23 millisecondes d’intervalle)
Cette figure 9 montre une grande modulation à 22.9Hz dont les pics atteignent 60dB, soit 10 de plus que ceux enregistrés dans la fig. 8b avec la méthode FFT.
Les anciennes éoliennes avaient un rotor sous le vent, ou « downwind » créant des impulsions sonores au passage des pales dans le creux de vent provoqué par le mât et entraînant des infrasons qui pouvaient dépasser le seuil de l’audition. (Moller et Pedersen « Low-frequencynoise from large wind turbines«  (1. Summary of previous studies). Si ce seuil de l’audition n’est plus dépassé avec les modèles « upwind », le problème des basses fréquences et infrasons est loin d’être réglé pour autant.
Le passage des pales devant le mât dont l’effet est visible sur la vidéo :
http://www.youtube.com/watch?v=hTE1XHcWD-A étant lié aux pics caractéristiques de pression (ci-dessous). (Ces pics donnent un caractère impulsionnel dans toutes les fréquences du son éolien.
Ce caractère n’est pas pris en compte dans les mesures de bruit dont on ne relève que la moyenne (Laeq), de façon pénalisante pour le riverain.)
Le spectre ci-dessous provient du document « The inaudible noise of wind turbines » présenté le 1° décembre 2005 à 11h, au colloque sur les infrasons organisé par le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) à Tahiti http://www-dase.cea.fr/infrason/program/index.html
Les pics d’intensité apparaissent clairement pour les fréquences inférieures à 0.3Hz. Ces pics dépassent 80dBA, la pondération A retenue ici minorant pourtant largement les résultats pour ces
fréquences, les dBC ou dBlin étant plus appropriés à ces mesures.
Le passage de moins de 50dBA à plus de 75dBA, (de bleu à rouge sur le diagramme), étant brutal.
Ces variations de pression, dans les fréquences inférieures à 1Hz, (0.25Hz) sont considérables, au rythme du passage des pales. Leurs pics sont décrits, comme infiniment supérieurs aux creux de  pression, notamment par l’ingénieur acousticien Rick James, lors des mesures du parc éolien Twin Ridges effectuées au domicile de la famille McKenzie.
Ces variations brusques se produisent donc de façon permanente au rythme de 3fois la vitesse de rotation du rotor, soit un rythme très proche de la fréquence cardiaque.

Selon Jerry Punch (PhD), (professeur émérite à la Michigan State University) et Richard James qui a pratiqué pendant plus de 40 ans le contrôle des bruits industriels, dans leur rapport sur les effets nocifs des éoliennes, celles ci sont d’autant plus nocives qu’elles sont plus puissantes  cette augmentation de puissance étant corrélée avec un abaissement de la fréquence des vibrations au passage des pales devant le mât. Les fréquences inférieures à 1Hz sont en effet responsables du mal des transports, ou Motion Sickness Incidence (MSI), leur pic de sensibilité est à 0.167Hz (Griffin 1990).Les auteurs établissent le parallèle avec les symptômes des pilotes de la Navy dont le lien est établi avec ces mêmes fréquences.

Un précurseur ?

Ce sont ces variations de pression dans les infrasons qui sont la cible de l’arrêté de l’arrêté de Plymton -Wyoming, Ontario qui prévoit une amende de 10 000 dollars par jour, si le passage des pales peut être identifié dans l’habitation de tout plaignant, dans la gamme de fréquences de 0/20Hz par un appareil d’une sensibilité 0.1/20Hz.
Cet arrêté municipal BY-LAW Number 62 of 2014 vient d’être pris ce 8 octobre 2014 afin de protéger les riverains des infrasons éoliens. Il décrit la simultanéité de ces pics de pression avec une baisse de la fréquence et indique les conditions suivantes pour caractériser l’infraction :
1°) Que l’identification de ces pics se produise pendant le fonctionnement des éoliennes et ne soit plus possible lors de leur arrêt.
2°) Que le passage des pales entraine 50dB ou plus pendant une minute ou plus.
3°) Que les pics sonores dépassent cette valeur de 10dB ou plus.

En second lieu, le bruit éolien, dans la gamme 0/20Hz ne doit pas être à l’origine d’une différence de plus de 15dB entre la pondération A et la pondération C, ni plus de 20dB entre la pondération A et l’absence de pondération.

En troisième lieu, à n’importe quelle fréquence, il ne doit pas y avoir de variation cyclique répétée, dans une période de 40secondes, qui puisse excéder 2 milli Pascals RMS (0.002 Pascals RMS.)
(Les enregistrements du document du CEA ci dessus indiquent une variation cyclique de 0.2 Pascals.)

Depuis 1985, N.D.Kelley (et al.) après avoir travaillé pour la NASA, rendait un rapport pour l’US Department of Energy sur les éoliennes industrielles, dans lequel il préconisait (p225) que les valeurs de 60dB, 50dB, 40dB et à nouveau 40dB, ne soit pas dépassées plus de 20% du temps pour les fréquences respectives de 8, 16, 31.5 et 63Hz.

En 2006, Mariana Alves Pereira établissait le lien entre les infrasons, basses fréquences et vibrations d’éoliennes proches et les symptômes de VAD dont souffrait la famille R.
Pour sa thèse vétérinaire, T. Curto e Costa collaborait avec son équipe pour la partie concernant les déformations des antérieurs des chevaux élevés par cette famille.
L’étude de ce cas a été présentée aux congrès de Lyon 2007 puis d’Aalborg 2010.
La Cour Suprême portugaise en a conclu d’ordonner le démantèlement des éoliennes, dans
son jugement du 30 mai 2013, décision n°2209/08.OTBTVD.L1.S1.

Dans l’avis précédant son rapport de mars 2008, l’AFSSET signé par le Dr Michèle Froment Vedrine, il est mentionné : « En vue de poursuivre l’approfondissement des connaissances dans le domaine de l’évaluation de la gêne(7) due aux bruits, il convient de définir si les critères retenus dans la réglementation sont adaptés aux propriétés spectrales du bruit des éoliennes, notamment dans le domaine des infrasons ».
7 Sensation de désagrément, de déplaisir provoqué par un facteur d’environnement dont
l’individu ou le groupe connaît ou imagine le pouvoir d’affecter sa santé (définition OMS)

Que cet avertissement ait disparu de la version du site du ministère ne saurait faire disparaitre
le problème, bien au contraire.

Depuis, l’ANSES a entrepris cette étude sur l’impact sanitaire des basses fréquences et infrasons éoliens en avril 2014 (voir appel à experts)

Pour Alves Pereira, les symptômes sévères, d’une exposition de 10 ans aux infrasons, sont les troubles psychologique, les migraines, les hémorragies nasales et des mucoses digestives, ulcères du duodénum, colites spasmodiques, varices et hémorroïdes, baisse de la vision, sévères douleurs articulaires, sévères douleurs musculaires et troubles neurologiques.
Il convient de noter que, pour le cas éolien étudié sur ce lien, la valeur critique de 50dB pour
16Hz énoncée par Kelley et retenu par l’arrêté municipal de Plymton Wyoming, est dépassée
dans la chambre à coucher.

Le lien entre les infrasons et les symptômes sont d’autant plus difficiles à mettre en évidence que leurs « victimes » ne font pas le lien avec des éoliennes qu’elles n’entendent souvent même pas et que peu de médecins sont familiarisés au problème malgré la quantité de publications scientifiques rendant compte des effets néfastes des éoliennes sur la santé (380sur le seul site National Wind Watch) dont bon nombre traitent spécifiquement le problème des infrasons.

Hubert de Bonneville, notamment, a tenu son journal dans lequel il décrit au jour le jour sa vie brisée par la présence insupportable de ces très basses fréquences à plusieurs kilomètres. Seul l’extracteur d’air près duquel il se tient à longueur de journée lui permet de tenir le coup. Son journal est publié, entre autres sur le site de Mme la Sénatrice H .Lipietz sur lequel il a témoigné. (note du webmestre en fin de son message).
C’est pour aider leur diagnostic et les sensibiliser au nombre croissant de cas qu’ils seront amenés à rencontrer que la revue des médecins canadiens a publié un rapport (http://www.cfp.ca/content/59/5/e218.full) afin de les préparer à cette éventualité.

Epidémiologie

Les effets sanitaires des infrasons sont donc établis pour de nombreuses sources, aviation, silos à grains…, de même que l’impact des ultrasons est avéré pour certains systèmes de laverie.
Concernant les éoliennes, les publications dénonçant l’impact sanitaire des infrasons sont innombrables (N.Lachat, S.Laurie, C.Crogh, H.Moller, C.S.Pesersen,….La recherche épidémiologique ne consiste par à confronter les sources, établir la preuve, ni découvrir le mécanisme, domaines réservés à la biologie.
L’épidémiologie se contente de mettre en évidence la corrélation entre une exposition et la survenue de symptômes.
Les distances de propagation des infrasons ne facilitent donc pas l’identification de leur responsabilité dans la survenue de certains symptômes par des médecins non avertis.

Carl V Phillips est titulaire d’un doctorat en politique publique de l’Université d’Harvard.
Il a enseigné à l’Université d’Harvard, l’Université du Minnesotta, l’Université du Texas et l’Université de l’Alberta.
Consultant sur les politiques économiques et sanitaires, ses travaux sur les méthodes épidémiologiques ont été récompensés par de nombreux prix, dont le « Kenneth Rothman Epidemiologic Price » en 2004. Il est rédacteur en chef de la revue « Epidemiologic Perspectives and innovations »
Carl V Phillips est l’auteur du rapport:
« L’interprétation correcte des évidences épidémiologiques concernant les effets sur la santé des éoliennes industrielles sur les personnes résidant à proximité. »

Ce rapport a été publié le 18 juillet 2011 dans la revue scientifique http://bst.sagepub.com/content/31/4/303
Il est téléchargeable sur le site: http://www.wind-watch.org/documents/properly-interpretingthe-epidemiologic-evidence-about-the-health-effects-of-industrial-wind-turbines-on-nearbyresidents/

La conclusion de ce rapport est traduite ci-dessous. 
Quel épidémiologiste aurait prétendu le contraire?
(Un regard sur le rapport AFSSET de mars 2008 et dont le cadre ne semble d’ailleurs, ni épidémiologique ni biologique, est disponible sur le site lemontchampot.)

Conclusions de Carl V Phillips 

« Il est possible que d’autres futures recherches révéleront que, dans certaines circonstances, les éoliennes pourraient être implantées à proximité d’habitations avec un minimum de risque pour la santé. Cela est toujours possible pour n’importe quelle exposition, compte tenu de l’évolution de la science et de la technologie. Mais nos connaissances actuelles indiquent qu’il ya des risques  importants pour la santé dans l’exposition actuelle, et nous ne savons pas comment réduire ces risques autrement qu’avec une distance d’éloignement des éoliennes de plusieurs kilomètres des maisons.
De même, la politique publique peut tout à fait affirmer que le prix à payer est justifié par les avantages.
Mais la réalité doit être connue, y compris une quantification des impacts sur les riverains, qui n’a pas été faite. Ceux qui prétendent qu’il n’y a pas de graves répercussions sur les riverains ne peuvent pas contribuer une analyse utile. Par ailleurs, il semble peu probable qu’il soit jamais considéré comme éthiquement acceptable de forcer les individus susceptibles de souffrir gravement de problèmes de santé, sans parler des plaintes non sanitaires et des conséquences sur les communautés, sans une rémunération plus sure et plus fiable que ce qui a été offert à ce jour.

La négation des effets sanitaires ne peut pas être considérée comme une contestation honnête de la fiabilité des preuves. D’honnêtes divergences sur des points scientifiques sont toujours possibles. Mais lorsque les partisans d’un argumentaire essaient constamment de nier l’existence même de la preuve contraire, d’affirmer l’inverse, de faire référence à des règles absurdes ou inexistantes, de considérer des suppositions comme si elles étaient des faits prouvés, de jouer sur les mots pour dénigrer les rapports et blâmer les victimes, alors ils ne sont pas honnêtes, scientifiques ou moraux. Ils empêchent la mise en place d’une politique publique optimale et écornent la crédibilité de la science comme outil d’information des politiques.

En outre, étant donné que leur manque d’arguments plausibles suggère qu’ils n’ont aucun argument défendable à proposer, leur persistance à donner des arguments fallacieux est directement responsable des conséquences sanitaires sur un nombre important de personnes. »

Pour mémoire, le contrôle des émergences spectrales est obligatoire dans le code de santé publique, son cadre est très insuffisant pour les éoliennes (uniquement entre 125Hz et 4000Hz, art 1334 32.
Tout contrôle des basses fréquences a été supprimé pour les seules éoliennes par l’arrêté du 26 aout 2011 (art 26).

La signature infrasonique des effets sanitaires

« L’Officiel Prévention » de février traite des risques professionnels liés aux infrasons. Les gros moteurs à rotation lente en sont les principales sources. Le niveau potentiellement élevé des infrasons éolien y est clairement identifié. Les effets physiologiques y sont ainsi décrits: »Les infrasons provoquent alors une gêne physiologique à l’origine de troubles physiques et psychiques. Les vibrations des infrasons peuvent provoquer:

– dans l’oreille interne : des acouphènes et vertiges,

– dans les globes oculaires : des troubles de la vue,

– dans les organes digestifs : des nausées, des diarrhées,

– dans le cœur : des tachycardies, augmentation de la pression artérielle,

– dans le cerveau : des céphalées.

– Comme pour toutes les autres pressions vibro-acoustiques : irritabilité, stress, asthénie, troubles de la vigilance et de la mémoire. Les émissions d’infrasons passagères et de faible intensité sont très peu nocives à moins d’une sensibilité individuelle exacerbée ; ce sont des durées d’exposition longues et/ou d’intensité forte qui produisent des effets délétères ».

 

Comment ne pas faire le lien avec les « critères de diagnostic des effets néfastes de la proximité d’éoliennes » publiés par la « Royal Society of Medicine » en octobre dernier ?  
Les symptômes (ci dessous) étant, en effet, en tous points identiques et une distance de 10km étant retenue.

Neurologique:

a  Acouphènes b  Vertiges c  Troubles de l’équilibre d  Maux d’oreilles e  Nausées f  Migraines

Cognitif

a  Difficultés de concentration b  Troubles ou difficultés  de mémoire

Cardiovasculaire

a  Hypertension b  Palpitations c  Augmentation du cœur (cardiomégalie)

Psychologique

a  Troubles de l’humeur (dépression anxiété) b  Sentiment de frustration c  Sentiment de détresse

d  Angoisse

Troubles de régulation

a  Difficulté de contrôle du diabète b  Apparition de désordres thyroïdiens ou difficulté à contrôler hypo-hyper thyroïdisme

Etat général

a  Fatigue b  Somnolence

 

Conclusion

Le principe de précaution est inscrit dans notre constitution.
Les propositions d’amendements, votées par le Sénat, afin de le mettre en relation avec le principe d’innovation, n’enlèvent rien de sa force et précisent même « L’article 7 est complété par deux alinéas ainsi rédigés: « L’information du public et  l’élaboration des décisions publiques s’appuient sur la diffusion des résultats de la recherche et le recours à une expertise scientifique indépendante et pluridisciplinaire ».

On n’ignore pas les risque mortel liés aux moyens de transport, pas plus qu’il ne serait scientifiquement cohérent de nier l’impact sanitaire de la téléphonie mobile.

Certains exemples récents (amiante, sang contaminé, nuage radioactif….) établissent que des risques sanitaires sont parfois volontairement cachés.

L’éthique d’une politique publique consiste à mettre en balance un risque ou même un impact avéré avec un intérêt qui peut lui être supérieur. Cette éthique peut ainsi justifier la minimisation d’un risque dans le seul but d’éviter une panique.
Dans l’approche sanitaire des éoliennes, la réfutation d’évidences épidémiologiques par des
arguments biaisés et en jouant sur les mots n’est pas une attitude responsable. La quantification honnête de l’impact sanitaire est indispensable pour faire progresser le débat et mettre en balance les enjeux..

La Bavière vient d’adopter une distance minimale entre éoliennes et habitations de 10 fois la hauteur des machines.

« Les acteurs du développement de l’énergie éolienne devraient comprendre qu’aucun objectif économique ou politique ne doit prévaloir sur le bien-être et la santé des individus », c’est du moins la conclusion du rapport du ministère de la santé finlandais, dans lequel il vient de demander, ce 17 juin, l’application d’une distance minimum de 2 km avec les maisons.

Cette conception de la protection sanitaire l’honore, la problématique des infrasons ne se limitant malheureusement pas à cette distance.

Annexe: regard sur les propos rassurants

Les seules dénégations de ces « évidences épidémiologiques » pour reprendre le terme de Phillips, proviennent presque exclusivement des rapports d’un « panel d’expert » composé de W. David Colby,  Robert Dobie, Geoff Leventhall, David M. Lipscomb, Robert J. McCunney, Michael T. Seilo, et Søndergaard, auteurs d’un rapport commandé par l’American Wind Energy Association et la Canadian Wind Energy Association.

 

L’industrie éolienne a largement diffuse le rapport qu’elle leur avait commandé en 2009 “Wind Turbine Sound and Health Effects An Expert Panel Review”en se contentant d’ailleurs de n’en citer que des morceaux choisis et en jouant sur les mots puisque le journal des médecins de famille canadiens la cite en ces termes :

« L’American Wind Energy Association et l’Association canadienne de l’énergie éolienne ont mandaté des experts pour la réalisation d’une synthèse critique dont les conclusions font valoir que ces symptômes sont les effets bien connus de l’exposition au bruit ou, autrement dit, un sous-ensemble de réactions à l’inconfort26.                                                                                         Le dérangement induit par le bruit est reconnu comme un effet nocif sur la santé2730. »

Mais surtout, A.Salt, dans « How turbine noise affect people » critique vigoureusement les principales assertions de l’industrie éolienne qui reposent, selon lui, essentiellement sur les publications de G.Leventhall qui répètent de façon gratuite, contre l’évidence et sans la moindre référence scientifique, que ce qui ne s’entend pas ne peut avoir de conséquences néfastes (p22).  Selon Salt, la comparaison de Leventhall entre les infrasons éoliens et ceux dus aux au vent ou aux réfrigérateurs ne peut se faire qu’avec une méconnaissance totale de leur réalité. Il cite la station de mesurage des vibrations d’Eskaldemuir pour laquelle le ministère de la défense anglais s’opposait à l’implantation d’éoliennes dans un rayon de 50km afin de ne pas perturber ses mesures. Et se moque de Leventhall en assurant n’avoir jamais entendu parler de la même demande pour des réfrigérateurs.

Et Salt est plus accusateur encore, p 26 en ces termes :
« Un sujet de préoccupation est le rôle que certains acousticiens et sociétés d’acousticiens ont joué. Le rôle principal des acousticiens devrait être de protéger et servir la société des effets nocifs de l’exposition au bruit. Dans le cas des bruits éoliens, il semble que beaucoup ont failli. Depuis des années, ils se sont abrités derrière leur récitation, désormais démontrée erronée, qui a été présentée à plusieurs reprises et dans de nombreuses formes telle que «Ce que vous ne pouvez pas entendre, ne peut pas vous affecter. » »

Le rapport de l’académie de médecine de mars 2006, qui préconisait cependant 1500m minimum des maisons est également évoqué pour disculper les infrasons, notamment dans le rapport du « panel d’experts ».
Ce rapport déplore le peu de publications qui en relatent les effets sur la santé.
Des centaines de publications relatant ces effets ont été effectuées depuis 2006.
Pour l’Académie de Médecine, l’innocuité des infrasons éoliens est étayée, principalement par Leventhall.
Il convient de remarquer que le tableau de comparaison des pressions aux différentes fréquences en indique les valeurs en dBA, ce qui minore anormalement le résultat et que ce tableau indique cependant 74dBA à 32 Hz (annexe B tableau 1), pour une éolienne d’1 seul MW (à 100m).
Cette valeur dépasse infiniment les préconisations de Kelley, pour le gouvernement US, qui indique 40dB à 31.5 Hz comme limite à ne pas dépasser plus de 20% du temps (p 225 de son rapport).